La certification des 737 MAX 7 et 10 se rapproche, la FAA et l’EASA progressent

La certification des 737 MAX 7 et 10 se rapproche, la FAA et l’EASA progressent

Boeing franchit de nouvelles étapes vers la certification de ses 737 MAX 7 et MAX 10, avec des avancées significatives dans les processus d’approbation menés par la FAA américaine et l’EASA européenne.

L’essentiel

  • La certification des 737 MAX 7 et MAX 10 progresse auprès de la FAA et de l’EASA après des années de retard.
  • Ces deux variantes du 737 MAX doivent encore franchir plusieurs étapes réglementaires avant d’obtenir leur certification.
  • Le processus de certification a été considérablement ralenti suite aux accidents du 737 MAX et au renforcement des exigences de sécurité.
  • L’obtention des certifications permettrait à Boeing de livrer ces appareils aux compagnies aériennes qui les ont commandés.

Un processus de certification complexifié

La certification des 737 MAX 7 et MAX 10 s’inscrit dans un contexte réglementaire profondément transformé depuis les accidents mortels du 737 MAX 8 en 2018 et 2019. Les autorités de certification, principalement la Federal Aviation Administration américaine et l’Agence européenne de la sécurité aérienne, ont considérablement renforcé leurs exigences d’examen et de validation. Cette vigilance accrue se traduit par un calendrier de certification bien plus long que celui initialement prévu par Boeing. Les deux variantes du 737 MAX font l’objet d’un scrutin particulièrement minutieux, chaque système et chaque modification devant être validé selon des protocoles renforcés. La FAA, qui avait été critiquée pour sa supervision jugée insuffisante lors de la certification initiale du 737 MAX 8, applique désormais des procédures d’évaluation beaucoup plus strictes. De son côté, l’EASA a repris son indépendance en matière de certification et ne se contente plus de valider automatiquement les décisions de son homologue américain.

Les spécificités techniques des deux variantes

Le 737 MAX 7 et le 737 MAX 10 représentent respectivement la version courte et la version allongée de la famille 737 MAX. Le MAX 7, le plus petit de la gamme, est conçu pour remplacer le 737-700 et offrir aux compagnies aériennes une option efficace sur les routes à plus faible densité de passagers. Avec une capacité d’environ 138 à 153 sièges selon les configurations, cet appareil se positionne comme une solution pour les marchés nécessitant une flexibilité opérationnelle. Le 737 MAX 10, à l’opposé du spectre, constitue le plus grand membre de la famille avec une capacité pouvant atteindre 188 à 204 passagers. Cette variante allongée vise à concurrencer directement l’Airbus A321neo sur le segment très disputé des monocouloirs à forte capacité. Les deux appareils partagent la base technologique commune du 737 MAX, notamment les moteurs LEAP-1B de CFM International et les systèmes de contrôle de vol modernisés, mais présentent des caractéristiques aérodynamiques et structurelles adaptées à leurs missions respectives. Les différences de taille et de poids entre les deux variantes nécessitent des validations spécifiques de la part des autorités de certification.

L’état d’avancement du processus réglementaire

Selon les informations disponibles, Boeing et les autorités de certification progressent dans les différentes phases du processus d’approbation des 737 MAX 7 et MAX 10. Les essais en vol et les validations techniques se poursuivent, permettant de collecter les données nécessaires à l’évaluation complète de la conformité des appareils aux normes de sécurité. La FAA examine minutieusement chaque aspect des deux variantes, des systèmes de contrôle de vol aux performances aérodynamiques, en passant par les procédures d’urgence et les protocoles de maintenance. L’EASA mène ses propres évaluations en parallèle, avec des équipes d’inspecteurs dédiés qui vérifient la conformité aux réglementations européennes. Le rapprochement de la certification évoqué suggère que les phases critiques d’examen sont en voie d’achèvement, même si des étapes importantes restent à franchir avant la délivrance finale des certificats de navigabilité. Les délais précis de certification demeurent toutefois sujets aux résultats des derniers tests et aux éventuelles demandes de modifications ou d’améliorations formulées par les régulateurs.

Les enjeux commerciaux pour Boeing

L’obtention des certifications pour les 737 MAX 7 et MAX 10 revêt une importance stratégique majeure pour Boeing. L’avionneur américain accumule des commandes pour ces deux variantes depuis plusieurs années, mais ne peut les livrer sans l’approbation réglementaire. Chaque mois de retard dans la certification représente un manque à gagner significatif et affecte la trésorerie de l’entreprise. Les compagnies aériennes qui ont commandé ces appareils attendent également leur livraison pour renouveler leurs flottes et développer leurs réseaux. Certaines compagnies ont conçu leurs plans de flotte en comptant sur l’arrivée de ces avions, et les retards de certification les obligent à réviser leurs stratégies opérationnelles. Pour Boeing, la certification de ces deux variantes est également cruciale pour compléter sa gamme face à Airbus, qui propose une famille A320neo complète avec des options allant de l’A319neo à l’A321XLR. Sans le MAX 7 et le MAX 10 certifiés, Boeing ne peut pleinement concurrencer son rival européen sur tous les segments du marché des monocouloirs.

Notre analyse

Le rapprochement de la certification des 737 MAX 7 et MAX 10 marque une étape importante dans la normalisation des opérations de Boeing après la crise du 737 MAX. Pour l’industrie aéronautique, cette avancée signale que les processus de certification renforcés mis en place après les accidents fonctionnent, même s’ils allongent considérablement les délais. Les compagnies aériennes bénéficieront d’une gamme complète d’options leur permettant d’optimiser leurs flottes selon leurs besoins spécifiques, du MAX 7 pour les routes secondaires au MAX 10 pour les liaisons à forte densité. Cette flexibilité est particulièrement précieuse dans un contexte de reprise du trafic aérien où les compagnies cherchent à adapter leur capacité avec précision.

L’impact sur le marché des monocouloirs sera significatif une fois les certifications obtenues. Boeing pourra enfin rivaliser pleinement avec la famille A320neo d’Airbus sur tous les segments, rééquilibrant potentiellement la compétition commerciale. Les passagers bénéficieront indirectement de cette concurrence accrue à travers une offre plus diversifiée de liaisons et potentiellement de meilleures conditions tarifaires. La vigilance des autorités de certification garantit par ailleurs que ces appareils répondent aux standards de sécurité les plus élevés, renforçant la confiance dans l’aviation commerciale. Les prochains mois seront déterminants pour finaliser les dernières étapes réglementaires et permettre l’entrée en service commercial de ces deux variantes attendues.

Conclusion

La progression vers la certification des 737 MAX 7 et MAX 10 par la FAA et l’EASA représente une avancée majeure pour Boeing après des années de processus rigoureux. Bien que des étapes restent à franchir, le rapprochement de ces certifications permettra à l’avionneur américain de compléter sa gamme monocouloir et de répondre aux attentes des compagnies clientes. Cette évolution témoigne également de l’efficacité des processus de certification renforcés mis en place pour garantir la sécurité aérienne, même si ces procédures exigent davantage de temps qu’auparavant. L’entrée en service de ces deux variantes remodelera le paysage concurrentiel du marché des monocouloirs et offrira aux compagnies aériennes de nouvelles options pour optimiser leurs opérations.

Source : Le Journal de l’Aviation